Souvenirs de vacances : Comment éviter la mésaventure en douane ?

Que ce soit sur la route ou dans les aéroports, nous assistons à la grande transhumance des juilletistes croisant les aoûtiens. Quelle que soit notre destination, nous aimons tous ramener de petits souvenirs de vacances.

Je vous dresse le décors de l’histoire :

Vous, à l’aéroport de Bruxelles, 5h du mat’. Votre retour de vacances.

Ah non, ils ne vont pas vous prendre vos petits trésors.

C’est tout ou rien contre … paiement des droits de douane et de la TVA.  Et de l’amende si vous persistez à faire obstruction.

Bye bye souvenirs de vacances … vos précieuses perles d’Orient dignes d’une princesse des Mille et Unes Nuits.

Mais comment en êtes-vous arrivée là?

Flash back quelques jours plus tôt sous un éclatant soleil.

Vous flânez entre les étals au milieu des échoppes toutes plus colorées les unes que les autres.  Le marché s’emplit peu à peu de brouhaha. Les odeurs d’épices orientales enivrent vos narines. Quand soudain, vous stoppez net. Immobile comme si vous aviez été pétrifiée par Medusa.  Votre compagnon s’en rendre compte seulement quelques minutes plus tard, lorsqu’il se retournera en vous appelant “Mon Amour” et qu’il sera foudroyé du regard par le mari de la dame derrière lui.  Gloups. Il rebrousse chemin en se frayant un passage entre les chalands. C’est là qu’il vous trouve en pâmoison devant une paire de babouches en peau et poils de chèvre, vaguement teintées d’un vert étrange tout en dégradé crasseux.  

Elles brillent tel un pendentif en jade dans la vitrine ensoleillée d’un joaillier de luxe avenue Louise à Bruxelles.

Il vous les faut.  Coûte que coûte. Vous entrez alors dans les sacro-saintes palabres de négociations.  Vous l’emportez. Glorieuse. Vous avez obtenu une réduction de … 1 euro!

Vous terminerez vos vacances arborant fièrement vos brodequins, sous les sourires moqueurs des autochtones.

Vous ne voulez prendre aucun risque d’abîmer vos précieux trésors.  Du coup, vous les prendrez avec vous dans l’avion dans votre bagage à main.

Pour ne rien perdre de votre dernière journée au paradis d’Orient, vous prendrez le dernier vol.  Atterrissage à 5h du matin. Les banderoles du hall des arrivées vous accueillent de leur “Bienvenue à Bruxelles” “Welkom aan Brussel” “Welcome at Brussels”.

Vous passez rapidement le contrôle des passeports et récupérez tout aussi rapidement vos bagages sur le tapis roulant.  Ouf !

Vous vous dirigez vers la sortie où vous attendent famille et amis quand 

Tout d’un coup, un grand brun baraqué en chemise bleue claire, engoncé dans son pantalon à poches bleu foncé, vous barre la route.

Vous, à moitié endormie encore, levez les yeux en lui lançant : “Euh, mec tu bouges là, tu bouches mon chemin”

Lui, d’un ton clair et affirmé : “Madame, veuillez déposer vos bagages ici svp.  Contrôle douane!”

Vous, éberluée : “hein quoi, contrôle?  Mais je ne suis pas une trafiquante moi!  Je suis une simple touriste. Je rentre de vacances!”

Vous comprenez dans son regard que vous ne pourrez pas déroger à la fouille.  Vous déposez votre sac et vos valises sur le comptoir, tout en regardant votre compagnon passer derrière la vitre, sans trop comprendre ce qui vous arrive.

Dans la pièce, le douanier, et son collègue ouvrent vos affaires.

Premières choses qu’ils trouvent dans votre sac de cabine … vos joyaux d’Orient … vos babouches.  De vos valises sortiront d’autres babioles en cuivre et autres articles en tout genre. Souvenirs de vacances glanés tout au long de votre séjour.

Ils les alignent sur le comptoir sur environ 1 mètre de long.

Le grand baraqué vous dit d’un ton mi-sarcastique mi-péremptoire : “Alors comme ça on est une simple touriste hein? … Ben tiens.  On traficote dans les objets orientaux ma foi!”

Vous êtes réveillée d’un coup. Vos palpitations montent en flèche quand vous entendez l’autre douanier prononcer le mot “confisquer” dans un français émaillé d’un franc accent flamand.

Ah non, ils ne vont pas vous ôter vos petits trésors. 

Dans un ultime élan frénétique pour sauver vos pépites des griffes implacables de l’ennemi fédéral, vous tentez vaguement de négocier. Après tout vous avez bien su le faire avec le boutiquier de vos savates. Vous leur proposez de garder tout l’attirail sorti de vos valises en échange de vos sublimissimes galoches.

Sans succès.

Ce sera tout ou rien contre paiement des droits de douane et de la TVA.

Bien entendu, vous n’avez ni ticket de caisse, ni facture pour prouver votre bonne foi.

Dès lors, les douaniers vont estimer la valeur de chaque objet selon les modalités du Code des Douanes de l’Union.

Vos modestes emplettes de souvenirs de vacances semblent valoir toutes ensemble, plus de 430 euros.

Montant maximal autorisé à être transporté dans les bagages de particuliers en provenance d’un pays hors de l’UE, même si pour usage personnel.

Au-delà de cette somme, il faut spontanément en faire la déclaration au premier poste de douane de l’UE.

Vous reconnaissez cette histoire?  

Vous ou l’une de vos connaissances s’est déjà retrouvée dans cette triste situation?

Pour éviter de connaître pareille mésaventure, consulter la brochure éditée par le SPF Finances Douane, AVANT de partir en vacances!

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